« Eté sans orages, famine au village ».
« Eté sais ourazou, famena u vellazou ».

Le temps du 08 juin, saint Médard est très surveillé. Pour commencer à faner,
Lou té du voueu zuin, sai Médard e trè surveilla. Pe kemèche a fenô,
on respecte les dictons.
on respécte leu diton. 
S’il pleut, on attend ! Car il pleuvra quarante jours plus tard, sauf si saint
Sé pleu, on attai ! Preka y va ploure quaraita zour ple tard, sôf si sai
Barnabé arrête le robinet.
Barnabè arrétou lou rôbené.

Le foin, c’est sacré, la qualité de la fenaison doit être réussie et c’est le soleil
Lou fin, ye sacrô, la qualitô de la fenazon da étre réussie pi ye lou selo
de juin qui remplit la grange.
de zuin que raipli la graiza.

Du hameau de « la sagne » aux « gardillons » en passant par « bargnatel »
Du kuarti de « la sagna » u « gardellion »  ai passai pe « bargnatel »
les herbes ont atteint une bonne taille. Chez les Bruge, on utilise une faucheuse
le zarbe ai atteint na bena tailla. Vé leu Bruge, on utilisave na faucheuse
Plissonnier ou Massey Harris. On fauche à la faux, les endroits où la faucheuse
Plissonnier don bin Massey Harris. On saille u dar, leu z’aidra yon la faucheuse
ne peut accéder : zones humides, bordures du pré, tours des arbres et des clôtures.
ne pout allô : zone humedo, bordere du prô, utor deu z’abro pi de l’clôtere.
On fauche à la faux, le corps légèrement « ployé » en balançant de droite à gauche,
On saille u dard, lou côr on peu « playa » ai balaiçai de drate a gasse,
accompagnant le mouvement ample de l’outil sans faiblesse, sans à-coups.
accompagnai lou movemai aiplo de l’oti sai fablasse, sai z’aco.
Afin que la lame de la faux coupe correctement, il faut « l’enchapeler »
Pere que la lama du dard cope coréctamai, é fau « l’aissaplô »
avec un marteau, sur une petite enclume. C’est tout un art.
avoua on marté, su na peteta aiclema. Ye tot on ar. 
Le marteau frappe le métal pour redresser le fil et faire luire le tranchant.
Lou marté frappe lou métal pe redréche lou fi pi fére luire lou traichai.
De temps en temps, suivant le besoin, il convient d’aiguiser la faux en lui
De té z’ai té, suivai lou bezon, y convin d’aiguije lou dard ai lou
redonnant du taillant. Le faucheur sort sa pierre oblongue d’un coffin de bois
rebaillai de taillai. Lou faucheur sôr sa piara oblongua d’on coufin de beu
ou de corne accroché à sa ceinture et contenant de l’eau.
don bin de côrna accroucha a sa ceintera pi contenai de l’édïye.
La pierre danse sur le métal, dessus, dessous, du talon à la pointe de la lame.
La piara daise su lou métal, dessu, desso, du talon a la pointa de la lama.
Le foin, par beau temps, sèche en deux jours.Il faut penser à faire ferrer
Lou fin, pe biau té, sesse ai dou zour. E fô sonzïye a ferrô
les attelages, vaches, bœufs, ou chevaux. On place une semelle métallique
lou z’attelazo, vasse, boueu don bin cevô. On plache na semale métallic
sur les onglons pour éviter le boitement. On la fixe avec des clous spéciaux
su yo z’aiglon pe évitô lou boitemai. On la fixe avoué de chlou spéchiau
à têtes carrées et l’on coupe la partie pointue qui dépasse du sabot.
a téta carrô pi on cope la partia pointia que dépôche du sabou.
On recourbe le fer sur l’extrémité de l’onglon.

On recorbe lou far su l’éxtrèmitô de l’aiglon.

On redoute les taons et les mouches qui viennent piquer les animaux.
On redote lou tavon pi le meusse que vegnon pequô lou z’anemô.
On les badigeonne d’un produit répulsif à forte odeur pour éloigner
On leu badizoune d’on prôdui répulsif a fôrta ôdeur pe éloigne
les agresseurs. Il faut tasser le foin en vrac dans le char.
lou z’agresseur. E fô tache lou fin ai vrac dai lou  sarre.
On charge à la fourche et on râtelle derrière. Le chargement terminé
On sarzou a la tré pi on ratelle deri. Lou sarzemai terminô
on déroule la corde, nouée à l’arrière du char, sur un rouleau qui permet de
on déreula la côrda, nouô a l’arri du sar, su on rôlô que pérme de
serrer. Auparavant, on avait peigné le char.  Si l’orage menace on met le foin
sarrô. Uparavai, on ave pegna lou sar. Si l’orazo menache on mete lou fin
en « cuchons », petits tas arrondis qui protègeront le foin des averses
a « kesson », petie moué arrondi que protézeron lou fin de l’zavérse 
passagères. Le plus pénible reste à faire, sous la chaleur du toit de la grange
passazére. Lou ple péniblou reste a fére, so la salor du toi de la graiza
et du foin déjà engrangé, il faut décharger la cargaison. On transpire beaucoup
pi du fin dezia aigraija,
y fô décharjie la carguézon. On traispire biai
mais comme on disait : « Il vaut mieux suer que
trembler ». On boit
mé kemai on deje : « y vô moi traispirô que traiblô ». On ba
une soupe au vin pour se désaltérer.
na choupa u vin, na « frejô », pe se déche.


Mais point trop de répits, les blés commencent à jaunir. Les moissons
Mé pô trou de répi, lou blô quemaisson a zôni. Leu masson
approchent : « Celui qui bat son blé en août, le bat à son goût ».
appreusson : « Chotiye kéqueu son blô ai n’ou, l’équeu a son go ».
Dans les fermes, l’utilité du grain et de la paille n’était pas à prouver.
Dé le freme, l’utilitô du gran pi de la pailla n’était pô a prouvô.
On ne sort plus la faux, mais la faucheuse javeleuse. On s’assoie
On ne sôr pô mé lou dard, mé la faucheuse zaveleuse. On se chete
sur le siège et un levier sert à collecter,puis déposer les javelles. On les attache
su lou siézou pi on levi char a collectô, pi dépouzô le zavale. On le z’attasse
avec le lien fabriqué avec une poignée de blé ou autre céréale. On noue
avoué on lin fabrekô avoué na pegna de blô don bin d’autra cereale. On leiye
les gerbes à la main. On apporte à midi un panier préparé par la patronne
le zarba a la man. On appourte a medi on pani preparô pe la patrona
c
ontenant du petit salé froid, du saucisson, du pâté de foie, un flan de riz
contenai de pete salô fra, de sôcisson, de paté de feïye, on flan de ri
ou un gratin au four, des fromages de chèvre et une grosse tarte au kemô.
don bin on gratin u for, de froumazou de sievre pi na greussa tôtra u kemô.
Le tout est enveloppé dans un torchon à carreaux rouges et blanc pour protéger
Lou tot e t’aiveloupô dé on tourson a carron rozo pi blanc pe prôtezïye
la nourriture. On n’oublie pas les bouteilles de vin et d’eau enveloppées dans des
lou maije. On n’ebleïye pô le botelïye de vin pi d’édïye aivelouppô dé de
serviettes mouillées pour garder un peu de fraîcheur ! Dans le matériel de récolte,
sarviette mouilla pe gardô on peu de fraichio ! Dé lou materiel de récoulta,
après la javeleuse viendra la lieuse, puis la moissonneuse batteuse. Pour les protéger,
aprè la zaveleuse vindra la lieuse, pi la machoneuse bateuse. Pe le prôtézïe,
on regroupe les gerbes en croix ou en pointe, dans les champs, quelques jours
on regrope le zarbe ai cra don bin ai pointe, dé lou san quéque zour
avant de les emmener à la ferme pour le battage.On utilise la batteuse
avai de le z’aimenô a la frema pe le z’ékeure. On utilije lou vannio
et la locomobile à vapeur tirées par des bœufs. Elles sont reliées par une longue
pi la sodire a vapeur teria pe de boueu. Ale son releya pe na longua
courroie de traction. En ce qui concerne la batteuse, beaucoup sont de marque
couroi de traxon. Ai ce que conssarne lou vanio, bon nombro son de marqua
Breloux ou Vierzon. La locomobile sera plus tard remplacée par le tracteur.
Brelou don bin Vierzon. La sodire va étre ple tar raiplacha pe lou tracteur.
Le sifflet de la locomobile appelle les voisins sur le chantier.
Lou seffle de la sodire appéle lou vazin su lou chantier.
A la fin des battages, on fête la fin de ce travail par la « revole ».
A la fin deu batazou, on féte cho momai pe la « revoula ».


Les femmes surtout s’occupent du jardin et du poulailler.
Le fene surto s’okiepon du zardin pi du polali.
Les choux commencent à pommer. Les potirons s’étalent sur les tas de dépôts.
Lou so kemaisson a poumô. Leu cueurdes s’étalon su lou moué de dépôt.
Les fanes de pommes de terre prennent une couleur marron.
Le fane de catrouille pregnon na coulor marron.

Les navets essaient de montrer leur ventre violet au soleil, les oignons
Lou navé éssayon de montrô yo vaitro viole u selo, lou zegnon
attendent d’être ramassés. On n’utilise pas de désherbant chimique,
attédon d’étre ramassô. On n’utilije pô de desharbai chimique,
le désherbant : ce sont les mains ! On arrose souvent avec de l’eau
lou desharbai : ye le man ! On arreuse sovai avoua l’édïye
de pluie, récoltée dans un tonneau. La journée n’est jamais finie pour la fermière,
de plouze, récoultô dé on ponchon. La zournô ne zamai assuite pe la fremire,
on l’oublie trop souvent.  Elle donnait la vie, nourrissait la famille et les commis,
on l’eblye trou souvai. Ale baillave la via, noressai la famellïye pi lou vôle,
lavait le linge à la main, repassait, raccommodait, éduquait
lavave lou linze a la man, repachave, raccoumeudave, édeuquave
les petits dans le respect d’autrui. Elle s’occupait aussi de la basse cour :
lou petiye dé lou respect deu zatro. Ale s’occupave ari de la bache cor :
volailles, lapins, porcs, pigeons, produisant une viande de grande qualité.
polaille, lapin, caillon, pinzon, produijai na viède de grède qualitô.

Les journées d’été sont longues pour tout le monde !...
Le zournô d’été chon longue pe to lou mondou !...