« Brouillard d’automne est signe de beau temps ».
« Broillar d’autoune e signo de bravou té ».

En automne, en Bresse, c’est le moment des foires. C’est une grande et belle
E autouna ai Brasse, ye lou moumai de le fares. Ye n’a gréde pi brava
occasion de sortir, de voir du monde. C’est surtout le moment de se tenir
uccasion pe sourti, de va de mondou. Ye surto lou moumé de se teni
au courant du prix de vente des bêtes, grosses et petites, à poils, à laine ou
u courai du prix de vaite de betes, greusse pi petyete, a pas, linna
à plumes. Les dates des foires sont immuables. Elles existent depuis
don bin a pleme. Le date de l’fare sont immuables. E l’existon depis
le moyen âge, mais disparaissent petit à petit. Le principal des achats
lou moyin azou, mé diparasson petye a petye. Lou principal dé z’achats
d’animaux s’opérant directement à la ferme maintenant. Pourtant cet espace
d’animô s’operon directamé a la frema vore. Pertai cho espace
de sociabilité est un lien incomparable et l’un des temps forts de la vie rurale,
de sociabilitô ye t’on lien incomparable pi yon dé té fôr de la via rurale,
animations non négligeables au niveaux économique, distractions
animachion non negligeable u niveau écounomiko, ditrachions
et rencontres.
pi raicontres.


Citons les foires principales qui existent à Bourg en Bresse, Gex, Châtillon sur
Ceton le fare princhipale k’exitait a Bor é Brasse, Gex, Satelion sur
Chalaronne, Montluel, Montmerle sur Saône, Montrevel, Pont de Vaux…
Salaronne, Montlué, Montmarle su Seuna, Pont de Vaux…
On amène souvent les bêtes à pied, tout se vend. Pour les bovins, les races
On aminne souvé leu bête a pye, to se vai. Pe lou bovins, le rache
principales sont la Montbéliarde, la tachetée de l’est, la Charolaise, la pie noir.
princhipale son la Montbéliarde, la tassetô de l’éstou, la Sarôllaise, la pis nar.
Il y a aussi les Camelôts qui  déchargent leur « bazar », marchands d’outils,
Y a ari lou Camelôts que desarzon yo « bazar », marchai d’otils,
d’habits. On rencontre aussi les producteurs d’œufs, volailles de bresse, lapins,
d’habits. On raicontre ari lou prôducteurs de joueux, vôlailles de brasse, lapins,
pigeons, et les forains qui vantent leurs produits. On n’est pas ici pour s’amuser :
pinzon, pi lou fôrin que vaiton yo produits. On ne pô tyie pe s’amuyje :
on vend, on achète, on se renseigne. Il fait frais, de la buée s’échappe de
on vai, on ascete, on se raisegne. E fa fré, de la buée s’ésape deu
naseaux des animaux. On tord la queue des bêtes pour faire avancer les
nazô deu z’animô. On tôr la quauva de l’betes pe fére avaiche le
récalcitrantes. Le maquignon porte une blouse noire, il palpe l’animal,
récalcitraite. Lou maguegnon pôrte na blouza nare, y palpe l’animô,
le regarde sous tous les angles : conformation, tétines pour les laitières.
lo guétyie so tui leu z’aigle : conformachion, tétine pe le laitiére.
L’acheteur propose son prix en anciens francs. Le vendeur hausse les épaules.
L’achetio propouse son pri ai n’anciai franc. Lou vaidio hasse le z’épôle.
Le maquignon fait mine de s’en aller, on partage la poire en deux. Vendeurs et
Lou maguegnon fa mene de s’ai n’allô, on partaze la pare ai dou. Védio pi
marchands se tapent dans les mains. L’affaire est faite : « parole donnée
marchai se tapon dai le man. L’affére e fate : « parola bailla
vaut plus qu’écriture ». Le maquignon coupe une touffe de poils sur la croupe
vau mé qu’écritere ». Lou maguegnon cope na toffa de pa su la cropa
de la bête. C’est sa signature. Jamais on ne revendra une vache marquée ainsi.
de la béta. Ye na segnatere. Zamé on ne revaidra na vasse marquô k’mai sai.
Le marché se termine autour d’un verre, au bistrot qui regorge d’une foule à
Lou marché se tremene utor d’on varo, u bistrô regorzan de na foule a
l’accent patois qui chante. Marie Louise la paysanne bressane se prépare au retour.
l’axai patoué que saite. Marie Louise la payzana bressana se prepar’u retor.
La fin de matinée approche, elle a acheté un lot de sacs à grains en toile de jute,
La fin de matenô appreusse, l’a assetô on lô de sa a gran ai tala de jute,
une blouse à fleurs, du pot au feu et une brioche bressane. Les bêtes se sont
na bloza a fleur, de pôt u feu pi na breyoussa bressana. Le béte se son
bien vendues, les acheteurs italiens étaient nombreux.
biai vaidues, leu z’achetio italien évon nombreux.


« Si tu sèmes pour la saint François, bon poids de grains tu récolteras ».
« Si te sinne pe la sai Fraissa, bon poid de gron te recoultera ».
Les cultivateurs savent que, de la bonne exécution des labours dépend la réussite
Leu cultivateur savon que, de la bena éxécuchion deu labor dépai la réuseta
des récoltes. Il doivent se dépêcher, sinon viendra la lune nouvelle et ils n’auront
deu récoulte. Y davon se dépéchie, sinon vindra la lena nouvala pi y n’auron
pas semé. Il existe l’araire en bois, charrue à versoir fixe, qui retourne la terre, toujours
pô senô. Y’ éxiste l’arére ai beu, sarrue a varsoir fixo, que retorne la tare, tourzou
du même côté. Le brabant lui est réversible et a révolutionné le labourage. On trace
du mémo sion. Lou braban sa e reversiblo pi a révôlutiounô lou labourazo. On trache
des sillons droits, on fait pivoter de 180 degrés le corps du brabant sur son axe.
de selyon dra, on fa pivoutô de sai quatro vin degré lo côr du braban su son axe.
Le versoir, le soc et le coutre qui se trouvaient en l’air vont pénétrer à leur tour
Lou varsoir, lou soc pi lou coutro que se trouvon ai l’ar vai penetrô a yo tor
dans le sol. Après avoir semé,  on passera la herse. Suivant les terrains et les
dai lou sol. Apré ava senô, on passera l’arse. Suivai lou tarain pi lou
moments propices, on sème du blé, du seigle, de l’orge, de l’avoine et bien
moumé prôpice, on sinne de blô, de saille, de l’ôrzou, de l’avinne pi biai
d’autres grains encore…
d’autrou gran onkore…


Il est temps de récolter les pommes de terre : les bintjes bien connues, les beauvais
Ye té de récoultô le catrouille : le bintje biai counio, le beauvai
pour la purée ou la charlotte… On les mange à toutes les sauces comme cuites
pe la puré donbin la charlotte… On le maize a tote le sace kemai couate
dans leur peau avec du beurre. Pour engraisser les cochons, rien n’est meilleur que
dé yo piô avoué de buro. Pe aigrache lou caillon, rai ne meyoure que
des pommes de terre et du petit lait. Attention au mildiou et aux doryphores
de catrouilles pi de petie lé. Atéchon u mildiou pi u dôryphôre
dans le champs de pommes de terre du « bournet ». On conserve à part les
dé lou san de catrouilles du « bournet ». On consarve a par le
plus belles pour les semences de l’an prochain. Autour de la table on dit :
ple brave pe le semaisse de l’ai que vin. Utour de la trabla on de :
« Ventre bien rempli ne cherche pas la bagarre ».
« Vaitre biai raipli ne sarce pô la bagarre ».


La petite pièce qui sert de lieu de vie, regorge d’une accumulation
La peteta piesse que char de lieu de via, regôrze de n’acumulachion
d’objets hétéroclites. Des paniers remplis de bûches, un fauteuil paillé, une pile
d’objet hétéroclites. De pani raipli de busse, on fôteuil pailla, na pela
de journaux locaux, une bouillote en caoutchouc. Un buffet peint en blanc
de zournô lôcô, na bouillôta ai caoutchou. On beffe pein ai blan
déborde de verres, d’assiettes et de babioles. Deux photographies agrandies
débourde de vare, d’achete pi de babieule. Douve fotographie agraidi
montrent pour l’une, le four du bourg du village et pour l’autre, la dernière paire
montron pe yena, lou for du bor du velazou pi pe l’autrou, la derire pére
de bœufs de la maison. Il y a aussi un sous verre avec le portrait des petits enfants.
de boueu de la mazon. Ya ari on so vare avoua lou pourtré deu petyie z’aifai.
Un calendrier des postes est recouvert de chiures de mouches. Un deuxième
On calaidri deu pôste e recouvar de chiures de meusse. On deuziaimou
calendrier publicitaire, vante les mérites d’aliments du bétail, avec une poche
calaidri publicitére, vaite leu mérite d’alimai pe le béte, avoua na poussa
à soufflets remplie de cartes postales et papiers divers. Un baromètre montre
a souffleu raipli de carte poustale pi papi devar. On barométre montre
l’importance que l’on attache à la météo. Il y a aussi un miroir pour que Benoît puisse
l’importaice que l’on attace a la météo. Ya ari na glace pe que Bena puisse
se raser, sans être à contre jour. Les murs et les poutres ont pris la couleur de la fumée.
se razô, sai z’étre a contre zor. Leu meur pi leu potre ai pra la coulor de la femô.
La cheminée ronronne. Le chat s’est assoupi sur la caisse à bois. Après la soupe au pain
La semenô ronrounne. Lou cé se t’assopi su la caissa a beu. Aprè la soupa u pon
trempé, accompagnée d’une rasade de vin rouge, Benoît et Amélie grignotent un reste
traipô, accompagna de na razada de vin rozo, Bena pi Amélie gregnouton on résto
de petit salé, un morceau de fromage de chèvre, une pomme et des noix séchées au
de pete salô, on mourcé de froumazo de sievra, na pouma pi de na sechô u
grenier. Vient l’heure de verrouiller la porte. Demain il fera jour à nouveau avec
greni. Vin l’hora de verrouyie la pôrta. Deman y fera zour a nouvé avé
un autre travail.
on n’otrou travô.