Comme on dit que l’on ne peut pas être au four et au moulin, le blé
Kmè on di kon ne pou pô étre u for pi u melin, lo blô
était transporté au moulin voisin pour obtenir de la farine afin de faire
ére traisportô u melin vazin pe obteni de farena pe fére
le pain de la famille. Les autres céréales étaient écrasées pour assurer
lo pan de la fameliye. Leu zatro gran éran écrazô pe asserô
l’alimentation du bétail. Dans les campagnes, la plupart des fermes
l’alimaitachon de l’béte. Dé le kaipagne, la plepar de l’farme
possédaient un four artisanal en forme de dôme, de voûte, avec au centre,
possédavan on for artisanal ai fôrme de dômo, de vota, avoua u saitre,
la clé de voûte. La multiplication des boulangeries dans les communes,
la chliô de vota. La meltiplecachon de l’bolaizerie dai le kemene,
ainsi que les facilités de transport avec la mécanisation, vont peu à peu,
aissi ke leu facilitô de traispôr avoua la mécanizachon, vai p’tie a p’tie,
faire tomber les fours de campagne dans l’oubli.
fére tombô leu for de kaipagne dai l’obli.

Pendant la seconde guerre mondiale, à cause des restrictions alimentaires,
Paidai la segonda gara mondiala, du fa de l’restrikchon alimaitare,
certains fours ont été remis en service ou parfois restaurés, pour servir de nouveau.
kôka for ai étau remi ai charvisso dombin parfa restourô, pe charvi a nové.
Les agriculteurs qui à cette époque, n’utilisaient plus leurs fours à pain, livraient une
Leu z’agriculteur ke a cheute épouka, n’utilizavan pômé yo for a pan, levravan na
certaine quantité de farine panifiable à leurs boulangers attitrés. Celui-ci décomptait à chaque
sartaina kaitito de farena panifiabla a yo bolonzi attitrô. Chotiye décomptave a soke
achat de pain quotidien, sur un carnet que l’agriculteur présentait, une quantité de farine
acha de pan kotidien, su on karné ke l’agriculteur  prézaitave na kaititô de farena
correspondante. La quantité de farine nécessaire pour faire un kilo de pain était fixée
correspondaita.  La kaititô de farena nécessére pe fére on kilo de pan ére fixô
à l’avance, avec l’accord des deux parties.
a l’avaisse, avoua l’accôr de l’deve partia.

Nos vieux fours à pain rappellent une ancestrale pratique collective qui remonte au moyen-âge.
Noutrou vio for a pan rappélon n’aissestrala pratika collectiva ke remonte u moyen azo.
Le four appartenait alors aux seigneurs et les villageois devaient s’acquitter d’une taxe
Lo for appartenave alôr u seigneur pi leu velazo devai s’aketo de na taxe
communautaire pour l’utiliser. Elle s’appelait « banalité », d’où le nom des fours dit « banaux ».
kômunautére pe l’utilije. Le s’appelôve « banalitô », do lo nion deu for de « banô ».
Les principaux éléments du four sont :
Leu princhipô élémai du for chon :

-    La cheminée
-    La semenô
-    La bouche
-    La bossa
-    Les mortaises latérales
-    Leu môrtéze laterale
-    La voûte
-    La vota
-    La sole, avec son devant l’autel.
-    La sola, avoua son devai l’autel.

La cheminée était une pièce importante, large et haute, qui sert donc à ventiler la fumée.
La semenô ére na pieussa importaita, larza pi yauta, ke char don a vaitilô la femô.
Des précautions en mesures de sécurité ont été prises, peu à peu, parce que les incendies
De prékauchon ai mezere de sécuritô ai étô praze, p’tie a p’tie, preka leu z’inssaidi
n’étaient  pas rares, à cause des charpentes de bois voisines. Par exemple, le feu ne devait
n’éran pô rarou, a kaza de l’sarpaite de beu vazene. Pe éxaiplo, lo foua ne deve pô
être allumé  qu’après le jour et éteint avant la nuit. On prenait grand soin de la braise et
étre alenô ke apré lo zor pi copô avai la né. On prenive grai soin de la braza pi
des cendres.
de l’ssaidre.

La bouche du four ou gueule, ou porte est faite avec une tôle réfractaire,
La bossa du for donbin gueula, donbin porta e fata avoua na tôla réfractéra,
plus rarement  en fonte.  Les mortaises latérales, solides, permettent de consolider l’édifice et
ple raremai  ai fonta. Leu mortéze laterale, solido, permetton de consolidô l’édifice pi
surtout de protéger de l’incendie. Enfin, la sole du four : c’est la surface sur laquelle sont placés,
surto de protéziye de l’inssaidi. Aifin, la sola du for : ye la seurface su lakélla son placha,
d’abord le bois de chauffage et ensuite les futurs pains ou plats divers ou gâteaux.
d’abôr lo bou de sarfazo pi aissuite leu futur pan donbin plé devar donbin gatiau.
Elle est réalisée avec un matériau  réfractaire, briques ou carreaux ayant subi une cuisson
Le réalija avoua on matériô réfractéro, breuke donbin carriau ayiai sebi na kouisson
très  poussée et jointée avec un mortier réfractaire lui aussi. Dans les fours anciens, les briques
vraimai possô pi zointô avoua on morti réfractéro,  sa ari. Dé leu for aissien, le breke
étaient jointées à la chaux et à la glaise.  La sole du four a la forme ronde, ou ovale ou
éran zointô a la chô pi a la gléze. La sola du for a la fôrma ronda, donbin ôvale donbin
d’une poire. Il n’y a pas de coin. Pour  construire un four on construit l’assise, puis la sole,
de na pare. Y n’y a po de karou. Pe conchtruire on for, on conchtrui l’assiza, pi la sola,
ensuite le dôme, la voûte, remplie de sable.
aissuite lo dôme, la vota, raipli de saublou.

Les étapes de l’usage d’un four à pain : Il faut choisir un combustible calorifère, notamment des
Leu zétapes de l’uzazo d’on for a pan : y fau soizi on combustiblo kalôrifére, notamai de
fagots.  Le noisetier est parmi les plus intéressant, puis le chêne, puis l’acacia. Le saule et le peuplier
fago. Lo noizeti e parmi leu ple z’interassai, pi lo sano, pi l’acacha. Lo sôzou pi lo peublo
le sont  peu. Le pin, le sapin et les bois traités ne conviennent pas, car ils ont des odeurs
le son pô biai. Lo pin, lo sapin pi leu beu tretô ne konvenion pô, preka l’ai de zôdeur
trop fortes ou représentent des risques pour la santé. Attention ! Si le four est resté longtemps
trô fôrte donbin represaitai de risko pe la saitô. Attaichon ! Si lo for e demorô lonté
en inactivité, la chauffe doit être très progressive et parfois deux chauffes sans enfournement
ai n’inactavitô, la sarfa da étre vra prôgressive pi prefa douve sarfa sai aifornemai
sont nécessaires pour éliminer l’humidité. Lorsque la température de cuisson
chon nécessére pe éliminô l’umedetô. Kai la téperatera de koueusson
(environ 300 degrés) est atteinte :
(aiveron tra sai degré) e t’atinte :

·    Les pierres ou briques de la voûte sont devenues blanches en surface.
·    Leu piarre donbin breke de la vota chon deveniye blansse ai serface.
·    Des étincelles se produisent, lors du passage des dents d’une fourche sur la pierre.
·    De z’étinsselle se produizon, lôr du passazo de l’dé de na tré su la piara.
·    Si un épi de blé laissé une minute ou deux au milieu du four, porte ouverte,
·    Si n’épi de blô lacha na meneta donbin deve u moatai du for, pôrta ouarta,
noircit, c’est que la température est trop haute.
narssi, ye ke la taiperateura trô iyauta.

Quand le four est assez chaud, on retire les cendres et les tisons, à l’aide d’un instrument
Kai lo for e t’assé sô, on retediye leu saidre pi leu tizon, a l’adiye de n’instrumai
à décendrer, une raclette de formes très diverses appelée  «le rôblou ». Certains fours
a déssaidrô, na rakleta de fôrma tré devarse appelô « lou rôblou ». Sartain for
comportent un cendrier, simple trou dans le mur, en bas d’un côté de la gueule du four. 
kompôrton on saidri, simplo kro dai la mera, ai bô du flan de la gueula du for.
Les braises retirées sont mises dans ce cendrier où elles achèvent de se consumer. 
Leu braze retediya chon metô dé cho saidri  le z’assevon de se consumô.
A ce moment là, le four est en train de « déchaler ». Les cendres très fines presque impalpables
A cho momai tie, lo for t’ai train de « déchalô ». Le saidre vra fene kazimai impalpablo
étaient utilisées pour laver les draps, il y a beaucoup de décennies. Les draps étaient
éran utilizô pe lavô leu laissu, y a greu de déceni. Leu laissu éran metô dé na petieta
mis dans une petite cuve, dite cuveau en pierre ou en bois, souvent installée pas loin du four.
keva, dete kevô ai piara donbin ai beu, sovai instalô pô lon du for.
On remplissait le cuveau avec une couche de drap et une couche de cendre,
On raiplissave  lo kevô avoua na kusse de laissu pi na kusse de saidre,
jusqu’à ce qu’il soit rempli et on tassait. Il ne restait plus qu’à verser de l’eau
taik’a ce ki siaze raipli pi on tassave. Y ne demorave ple ka varsô de l’édiye
bouillante pendant plusieurs heures. L’eau traversait les couches de draps et s’écoulait
boiyaita paidai plezieur z’hore. L’édiye traversave leu kusse de laissu pi s’ékolave
par la bonde, au bas du cuveau. Au bout de sept ou huit heures, les draps propres étaient
pe la bonda, ai bô du kevô. U savon de sé donbin voue ore, lou laissu proupou eran
rincés dans la rivière et étalés sur le pré pour sécher. Dans les temps anciens, la fine cendre
rinchô de la revire pi étalô su lo prô p’essoueiye. Dai leu té aissiain, la fena saidre
de bois était utilisée pour fabriquer du savon appelé pompeusement « savon de pays ».
de bou ére utilizô pe fabrekô de sôvan appelô pompêzamai « sovan de payi ».

Pour débarrasser la sole du four des cendres et des petits morceaux de charbon restant,
Pe debarache la sola du for de l’saidre pi deu p’tie morssé de sarbon ke demoron,
on peut utiliser une toile de jute ou un tissu humide par exemple, accroché au bout
on pou utilizô na tala de jute donbin on panaman humedo pe exaiplo, akroussô u savon
d’un bâton humidifié pour éviter l’embrasement. On peut alors effectuer un dernier contrôle de
d’on bôtan umedefiô, pe évitô l’aibrazemai. On pou alôr effectuô on derry kontrôle de
température en jetant sur les pierres de sole, une poignée de farine ou en y déposant
taiperatera ai katai su leu piare de la sola, na peniya de farena donbin ai n’y dépôzai
une feuille de papier journal pendant quelques secondes : si elle brunit sans trop noircir,
na foliye de papi zournal paidai kôke seconde : si le brena sai tro narssi ,
ni s’enflammer, c’est que le four est à bonne température pour enfourner la pâte à pain,
ni s’aiflamô, ye ke lo for t’a bena taiperatera pe aifornô la pata a pan,
les plats cuisinés, les rôtis. Les tartes au sucre ou au « kemo » sont à enfourner à four tombant.
leu pla kezenô, leu ruti. Leu tatre u seucro donbin u kemô chon a ai fornô a for tombai.
La fabrication du pain était toujours identique. La farine, mise dans le pétrin, était
La fabrekachon du pan ére torzo la méma. La farena, metô dé lo pétrin, ére
mélangée à du sel et du levain. Ce dernier était soigneusement prélevé sur la pâte de la fou
rnée
mélaizia  de sau pi de levan. Cho deri ére soigneuzamai prélevô su la pata de la fornô
précédente et mise à la cave dans un pot en terre. Puis, le tout était soigneusement pétri.
précédaita pi metô a la cava dé on pou ai tara. Pi, lo to ére soigneuzamai petri. 
La pâte déposée dans les panetons ou benons enfarinés on mettait l’ensemble dans un lieu

La pata dépôzô dé leu paneton donbin benon aifarinô on metave l’aissaiblo dé n’aidra

tempéré. On chauffait le four. On était prêt et on enfournait avec la pelle en bois. Le temps
taiperô. On sarfave lo for. On éve pré pi on aifornave avoua la pôla ai beu. Lo té
de cuisson était d’environ une heure et demie pour le pain. Une vingtaine de minutes suffisaient
de kouesson ére d’aiveron n’ora é demi pe lo pan. Na vintinna de menete sefizon
pour les tartes au « kemo », dix minutes pour les tartes au sucre. Une fois cuite, la fournée
pe le tôtre u « kemô », pi di menete pe le tatre u secro. Na fa koate, la fornô
était ramenée à la maison, toujours dans les panetons.
ére ramenô a la mazon, tozor dé leu paneton.

Maintenant, l’utilisation des fours à pain se raréfie. Aujourd’hui, ils ne servent plus que
Voraidra, l’utilizachon du for a pan se raréfeiye. Azordi, y  ne charvon pô mé ke pe
pour les fêtes de village ou de famille, ou pour les associations locales qui cuisent
le féte de velazo donbin de fameliye, donbin pe le zassossiachon loukale ke couazon
le pain qui se conserve pendant plusieurs jours.  Surtout le plus souvent on cuit les traditionnelles
lo pan ke se konsarve paidai plezieur zor. Pi surto, lo ple sovai on coua leu traditionnale
« galettes au sucre » ou les tartes au « kemo » au feu de bois !...
« galette u secro » donbin leu tatre u « kemô » u foua de beu !...