« Aô, patt » : jusque dans les années d’après-guerre, le cri annonciateur du passage du pati
« Aô, patt » : tai ke dai le z’ano d’apré la gara, lo cri k’anonssave lo passazo du pati
résonnait encore dans les hameaux et les villages de la Bresse.
raizonave oncor dai leu karti pi leu velazou de la Brasse.
Il arrivait à pied ou avec une carriole que tirait un âne, plus tard en bicyclette.
L’arrevave a pie don bin avoua na karieule ke terave n’ano , ple tar ai vélo.
A sa vue, les habitants sortaient à sa rencontre, les enfants accouraient vers lui.
A sa vyo, leu z’habitai sortivon a sa raicontre, leu z’aifai acoravon vé sa.
Le pati était là, les affaires pouvaient commencer.
Lo pati ére tie, leu z’afére povan kemaiche.
Le patti a aujourd’hui disparu, symbole de ces métiers d’un autre temps.
Lo pati a sti voui deuchparu, chimbolo de ché metie de natro té.
De nos jours, ses descendants sont les brocanteurs ou les antiquaires.
Dra vor, seu déssaidai chon leu brokaiteur don bi leu aitikére.
Encore que ceux-là ne sont à la recherche que d’objets d’une certaine valeur.
Oncor ke cheutie son pô a la ressôrce ke de seuze de na sartaina valeur.
Le reste, toutes les choses jugées inutiles finissent à la poubelle.
Lo resto, tote seu seuze jujôbe pô utele assuizon a la pobala.
Dans le temps, le pati les auraient lui, récupérées.
Dai lo té, lo pati leu z ‘are, sa, rékuperô.
C’était la fonction de ce marchand ambulant, collecter les objets dont les gens ne se servaient plus :
Yére lo roulo de cho marssai aibulan, colléctô leu z’afere don lo mondo ne se charvon pô mé :
les vieilles ferrailles par exemple, ou dont-ils n’avaient plus l’utilité.
leu vielie feraille pere exaiplo, don bin y n’avion po mé  l’utilitô.l 
Il s’intéressait plus particulièrement aux pattes, chiffons et torchons en patois, d’où son nom,
Y s’interechave ple partikeliaramai a l’pate, panosse pi tôrsson ai patoué, do son nyon,
Aux peaux de lapins, aux plumes de poules et d’oies,
A l’pio d’lapin, a l’pleme de polaille, pi de l’zouille,
que les paysans gardaient de côté pour lui vendre.
ke leu paizai gardavon pe flan pe li vaidre.
Le patti avait la réputation d’être très dur en affaires,
Lo pati ave la réputachion d’étre vra dur ai n’affére,
de négocier âprement la valeur de la marchandise
de négossie apramai la valeur de la marchaidi.
Si l’on n’y prenait pas garde, il était facile de se faire embobiner par ce personnage malin
Kai on n’y prenïe pô garda, yére aija de se fére aibobinô pe cho personazo malecho
et roublard qui inspirait à la fois, de la crainte et de l’admiration.
pi roblar, k’inspirave ai mémo té la po pi l’admirachon .
Notamment des enfants, que leurs parents menaçaient de les donner au pati
Notamai leu z’aifai, ke yeu parai menassavan de leu baille u pati
s’ils n’étaient pas sages !
kai y n’éran pô sazo !
Une fois les transactions effectuées, le pati repartait vers d’autres hameaux, vers d’autres fermes.
Na fa leu traizaction assuite, lo pati modave vé d’atro karti, vé d’atre farme.