C’était une tradition en Bresse de manger des gaudes.
Yére na tradichion ai brasse de maije de Po.
On en mange encore parfois et quand on aime, c’est pas de la gourmandise.
On n’ai maize oncor kôke ko pi kai on n’ame,  ye pô de gormaidize.
Plat traditionnel les gaudes désignent une bouillie de maïs grillé, alimentation de
Pla tradichionel le po dezagnon na boulia de pane grelia, alimentation de
base du paysan bressan jusqu’au milieu du vingtième siècle.
base deu païzai bressan tai ku moitai du vintillinmo siècle.
Le maïs fut introduit chez nous, au début du seizième siècle.
Lo pane a étô intrôdui vé no u kemaissemai du saizième siècle.
On trouve les premières plantations à Arinthod dans le Jura,
On trouve le premire Plaitachion a arintô dai lo zura,
Au  milieu du dix septième siècle.
U moitai du di sétieme siècle.
Le maïs fut vite adopté et généralisé chez les Bressans.
Lo pane a étau vito adoptô pi généralija vé leu brassai.
Cette céréale devint l’une des bases de l’agriculture dans notre région.
Cha céréal devin yena del base de la keltera dé noutra réjion.
L’Ain se place au sixième rang national des départements producteurs de maïs
L’Ain che plache u sizinmo ran nachional deu départemai prôducteur de pane
en volume. Le Val de Saône sème 31 % de sa surface agricole en maïs.
ai volume.  Lo Val de Souna sinne traite ion pe sai de sa surface agrikeule ai pane.
Par conséquent, les longues tiges de cette céréale, rapportées d’Amérique
Pe consékai, le grade tize de chla céréale, rapportô d’Am’ rique
par Christophe Colomb, occupent les bords de nos routes.
pe Kristofe Colomb, okepon leu flan de noutre rote.
Les paysans de Bresse avaient soin de semer la précieuse graine
après les saints de glace.
Leu païjan de Brasse avai soin de semô la préciouza grinna apré leu sain de glache.
En effet, MAMERT le 11 mai, PANCRACE le 12 et GERVAIS  le 13
Ai n’éfé , MAMERT lo onje mai, PANCRACE lo doze pi SERVAIS lo tréze
étaient responsables des gelées nocturnes qui anéantissaient les jeunes pousses.
éron raichponsablo dé zelô de né k’anéantissa leu zeune posse.
On récolte en septembre et en octobre.
On recôlte ai sèptaibro pi octôbre.
On dépillait dans les hameaux
On dépeuyave dé leu karti
pendant les grandes veillées d’hiver.
paidai le grai veulie d’evar.
C’était l’une des occasions conviviales qui se sont perdues.
Yére yena del eukajion conviviale ke se son predu.
A ce moment là, les auvents des fermes se garnissaient de grappes de panouilles
A cho momai tie, leu zôvai del farme che garnissavan avoua de grappe de panoille
pour le séchage.
pe l’essoueyazo.
On faisait alors griller le grain bien sec
On faze, alors grelye lo gran bin se.
C’est cette farine de grains de maïs grillé qui est utilisée pour la confection des célèbres gaudes.
Ye chla farena de gran de pane grelia ke utilija pe la confèxchon del chelebre po.
Cette bouillie était consommée au cours de la plupart des repas.
Chla bolia ére konsomô u kor de biai de repô.
La paysanne accrochait alors une marmite pleine d’eau à la crémaillère de la cheminée.
La païzana akrochave alôr na marmita plinna  d’édye a la krémayére de la semenô.
Une fois l’ébullition commencée elle y ajoutait la fameuse farine, en remuant sans cesse,
On ko l’ébelichon kemaicha l’y azotave la famouza farena, ai remai sai z’aréto,
avec une cuillère en bois pour éviter les catons.
avoua na keliare ai bou pe évitô leu katon.
A mesure que la bouillie épaississait, la ménagère ajoutait du lait
A mezera ke la bolia épessissave, la menazire azotave de la
pour éclaircir en fonction de la consistance désirée.
pe l’échlardi ai fonction de la konsistaissa dézero.
Au fond de la marmite se formait un dépôt gratiné
U fond de la marmita se faze on dépô grelia
qui faisait la joie des enfants, jusqu’à la dernière miette.
ke faze lo benor deu z’aifai, tai ka la derire mieta.
Alors on remplissait les écuelles à ras bord de ce met doré.
Alôr on raiplissave leu z’ékouale ra bôr de cho mai dorô.
On pouvait rajouter du lait par-dessus
On pove razotô de la pe dessu.
Ne dit-on pas que c’est l’excès de cette bouillie qui serait à l’origine du surnom des Bressans :
Ne de ton pô ke ye l’éxé de chla bolia ke sere a l’orezena du seurnon deu braissai :
« Les ventres-jaunes ?» Une autre origine raconte aussi que les maïsiculteurs de l’époque
« Leu vaitro-jônou ?» Natro orizine raconte ari ke leu maïzicluteur du momai
rangeaient leurs pièces d’or dans une pochette (banane) à leur ceinture, sur leur ventre.
raizavan yo piece d’ôr de na posseta (banana) dai yo cintera, su yo vaitro.
On retrouve toujours le jaune !
On retrove torzo  lo jônou !