Le visiteur qui découvre notre canton de Pont de veyle, peut s’il est attentif,
Lo vizito ke dékreuve noutron kaiton de Pont d’Vala, pou, se le ataitif,
se poser des questions sur la technique de construction
se pozô de kestion su la fasson de construire
de la plupart des maisons anciennes.
de na grai partia del mazons aissienne.
Certains diront : « c’est du pisé ! » avec un air détaché et un geste futile de la main,
Sartin deron : « Ye de pizé ! » avoua n’ar détacha pi on zaisto fetile de le man,
comme si cette caractéristique de notre architecture rurale  n’avait aucune importance.
kemai si chla caraktéristik de noutra architaikture rerale n’ave ôkena impôrtance.
Depuis la seconde guerre mondiale ce matériau a presque disparu au profit du béton
Depi la segonda gara mundial, cho materiô a a pou pré disparu u prôfi du beton
et autre parpaing.
pi lou zatro parpain.
On dit que Noé en fut le premier inventeur ayant appris cela, en voyant
Ya na ke deillon ke Nôé ai n’a étô lo premi aivaitor, l’ave apra saitié, ai voyai fare
le nid des hirondelles. Les plus anciens vestiges ont été découverts au Pakistan.
yo ni al z’arondale. Lou ple z’aissiain vastigo on étô découar u Pakistai.
Au moyen âge, le pisé est abandonné au profit des constructions à pans de bois
U moyin n’azo lo pizé a étau abaidonô u profi d’el construkchion a pan de bou
et de torchis. On trouve de nombreux exemples de cette architecture à colombages
pi de tôrchi. On treve biai de z’éxaiplo de chlate architecture a kolombazo
dans nos communes du canton de Pont de Veyle, utilisée jusqu’au dix huitième siècle.
dai noutre kemene du kaiton d’Pont d’Vala, kére utilija tai ku dizouetiainmo siécle.
A ce moment là, les colombages sont détrônés par la terre crue.
A cho momai tie, leu kolombazo étions détrônô pe la tara croue.
Ce type de construction est proposé pour améliorer les conditions de vie des populations,
Cho typo de konchtrukchion e propozô pe améliorô le kondichion de via de l’pôpulachion,
alors en majorité agricoles. Pour édifier à moindre frais les bâtiments d’exploitation.
alôr ai mazoritô agricol. Pe édifie a mindre ko leu batimai d’èxploitachion.
Le pisé est un procédé qui permet de construire les maisons avec la terre,
Lo pizé ye t’on prôcédé ke parma de fabreko leu mazon avoua de tara,
sans la soutenir par aucune pièce de bois et sans la mélanger avec de la paille.
sai la soteni pe na piesse de beu pi sai la mélaije avoua de paille.
Il consiste à battre, lit par lit, entre des planches, à l’épaisseur ordinaire des murs de moellons,
I konsiste a battro, lia pe lia, aitre deve plansse, a l’épecho ordinére des mero de môélon,
de la terre préparée pour çà. Ainsi battue, elle se lie, prend de la consistance
de la tara preparô pe saitie. Batia kmai sai, le se leille, prai de konsistaisse.
et forme une masse compacte. Elle peut être élevée à toutes les hauteurs souhaitées
pi fôrme na mache biai leilla. Le pou étre élevô a tote le z’ôteur souatia
pour les habitations.
pe le zabitachion.
Le pisé est une terre naturelle composée essentiellement de sables et de limons,
Lo pizé ye na tara nateralle kompozô éssenssialamai de sablo pi de lemon,
de gravier et d’argile pour un quart. Comme les terres varient suivant les régions,
de gravi pi d’argilo pe on kar. Kemai le tare varellion suivai leu région,
on relève une variété de colorations du pisé. Extraite sur les lieux même d
es chantiers
on relive na varié de kôlôrachion du pizé. Extrate su leu z’aidra mémo deu santier,
cette terre à bâtir peut être jaune, ocre, bleutée, brune ou grise.
chla tara a batere pou étre vra zônou, okre, bleutô, brena don bin griza.
Du savoir-faire du maçon-piseur dépend la longévité de la construction,
Du sava fére du masson-pizor dépai la lonzévitô deu la konstrukchion
à l’œil et au toucher, il apprécie la terre, son humidité, la consistance, la force de damage
é zu pi u tatô, l’apprésseuille la tara, son n’umiditô, sa konsistaisse, la force de damazo
à employer pour construire un mur solide d’environ cinquante centimètres d’épaisseur.
a aipleille pe montô on mere, solido d’a pou pré cinkaita saitimétre d’épecho.
Les fondations sont pratiquement inexistantes, vu la difficulté à faire venir la pierre en la transportant
Le fondation son pratikamai inéxistaites, vu la diffikultô a fére veni la piara ai la traispôrtai
depuis le mâconnais.
depi lo makôna.
Cela revenait cher. Seul, un soubassement de pierres, de galets, de briques ou un mélange
Y revenie char. Lamai, on sobassemai de piara, de gale, de breke don bin on mélaizo
des trois, permet de solidifier l’édifice. Le maçon installe et remplit ensuite

dé tra, prema de solidifiô l’aissaiblo. Lo masson fabreke pi raipli a cho momai
son coffrage en bois dans lequel on introduit la terre.

son kafrazo ai  bou dai lokélo on raipli de tara.
Le damage se fait à l’aide d’une dame. La terre légèrement humide est ainsi compactée,

Lo damazo se fa avoua na dama. La tara lézaremai umeda e t’alôr compactô,
tassée entre les banches hautes de quatre vingt dix centimètres,

tacha aitre le bansse iate de katro vin di saitimétro,
jusqu’à ce qu’elle devienne homogène.

tan ka ce k’al devegne biai mélaizia.
Après quelques heures de prise, le maçon procède au démoulage et recommence l’opération.
Kai ya coke z’hore de preza, lo masson procéde u démolazo pi rekemaisse l’ôperachion.
Des joints de chaux visibles sur la façade révèlent l’installation successive des banches de bois.
De zoin de chô se veillon su la fassada pi révélon l’inchtalachion ptie a ptie dé bansse de beu.
Il est impératif de protéger le pisé contre un ennemi redoutable : l’eau.
Ye vramai impératif de protége lo pizé contre n’ènnemi redotablo : l’édye.
Le pisé fond au contact de l’eau et se dégrade rapidement.
Lo pizé fon u kontakt de l’édye pi se dégrade rapidamai.
La toiture joue un rôle déterminant.
La toitera zoille on roulo déterminai.
Elle doit être avancée et même en auvent pour protéger le pisé contre les fortes pluies.
Le da étre ai n’avaissô pi mémo ai n’auvai pe prôtéje lo
pizé kontre le fôrte ploze.
De même, il faut aussi canaliser les eaux de ruissellement.
De mémo, y fô ari kanalije le z’édye de ruissailemai.
Ainsi la pratique du pisé est bel et bien un art, un savoir-faire.
Don, la pratiqua du pizé ye bèl  pi biai n’ar, on sava fére.
Il n’y a pas que des bâtiments de fermes et des pigeonniers qui soient construits en pisé.
Y n’y a pô ke de batemai de farme pi de pinzonni ke sin fabrekô ai pizé.
On rencontre une grande variété de constructions en terre crue : maisons bourgeoises,
On raicontre na grai variétô de konstrukchion ai tara kru : mazons borzaze,
châteaux, monastères… Ce matériau à l’aspect rustique, dont l’origine se perd dans la nuit
saté, monastéro… Cho matériau a l’aspé rustik, don l’orizine se pére dai la né
des temps, fait partie intégrante de notre patrimoine et mérite qu‘on lui consacre ce moment
des té, fa partia intégraita de noutron patrimoine pi mérite biai kon li consacre cho momai tie
et que le patois s‘en mèle…
pi ke lo patoué sai méle…