Version revue et corrigée par les patoisants

Vers les années 1660, à Grièges dans le bois de « Pierre Thorion »,
Vé mil si sai soixaite, a Greyezo dé lo beu de « Piara Trion »,
un corbeau se tenait en haut d’un baliveau acacia.
na courneilla ére ai io don balivio d’akacha.

Le bois de « Pierre Thorion » est situé au bout de la prairie de « Vavre».
Lo beu de « Piara Trion » se tin u savon de « Vavro ».

Cette prairie de « Vavre » commence au port de By et se termine
Cho prô de « Vavro » komèce u paur de Bi,
vers les bois d’acacias de « Pierre Thorion », le long de la Saône
tai qu’u beu d’akacha de « Piara Trion », lo lon d’la souna.

Ce matin là, il faisait froid, avec un fort vent du nord qui venait donc
Cho matin tie é faze fra, avoua na biza forta que vegne 
de Mâcon. Le corbeau se demandait bien comment il pourrait prendre son repas.
de Maucon. La courneilla s’demaidave bin kemai le pore gueuto.
Il n’avait qu’un fromage bleu de la coopérative de Grièges.
L’ave qu’on fromazou blezo d’la côpé d’Greyezo.

Un renard, qui venait des bois d’Illiat, se trouvait par là. Il s’approche du corbeau
On rena qu’vegne du beu d’ilia ére pertie. Y vin vé la courneilla
en faisant le malin :
è fazai lo malotru :

« Hé ! Bonjour brave dame, comment çà va ?
« Hé ! Bonzor, brava dama, que mai qué va ?
Hô je suis bien content de vous voir par ici !
Hô ! E si biai contai de vo va pertie !
Vous êtes vraiment belle avec votre manteau, il n’y a personne,
Vo z’éte vramai brava avoua voutron maitiau, y a nion
en « Pierre Thorion » qui n’ai le même. Et vos souliers sont d’une si belle  peau,
è « Piara Trion » que na lo memo. Voutrou solard sont de na piô se brava,
je crois que (ZINEDINE ZIDANE) « ZIZOU » n’a pas les pareils !..
ze crayo que « ZIZOU » nai na pô de pare !...

C’est vrai, si vous me chantiez une chanson, je crois ma foi, que vous chantez
Ye vra, si vo mè saitôve na çaiçon, ze cra ma fa, qu’vo saitô
comme un rossignol. Si j’étais un berger, dans la prairie, pour avoir votre gorge,
kmè on roussegnou. Si zère on vassi, dé la prarie, pere ava voutra guôrza,
je donnerai, ma parole, la moitié de ma queue !… »
ze baillere, ma pareula, la matia de ma kova !... »

Le corbeau, qui était enchanté d’être tant flatté, lui donne une aubade,
La courneilla quére aissaitô d’étre tai flatô li baille n’aubada,
et se met à brailler.
pi se mette a couarnô.

Le formage bleu de Grièges tombe dans la gueule du renard. Et voilà
Lo fromazo blezo de Greyezo dévala dai la gueula du rena. Pi f'tia
que le corbeau reste en haut, le bec grand ouvert. Le renard lui dit
k’la courneilla qual d’moure, ai yau, lo bé grè ouar. Lo rena li di,
en mangeant le fromage :
ai maizai lo fromazo :
« Ne soit donc pas si bête, une autre fois !… »
« Ne sa don po se béta, natro co. »